Conférence de presse du 20 septembre 2022 tenue par le porte-parole du ministre des Affaires étrangères Wang Wenbin
2022-09-20 22:10

CCTV : Selon les rapports, le 19 septembre heure locale, le conseiller d’État et ministre des Affaires étrangères Wang Yi a eu un échange avec les représentants du Comité national sur les relations entre les États-Unis et la Chine, le Comité national sur le commerce entre les États-Unis et la Chine et la Chambre de commerce américaine à New York, et a rencontré l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger. Pouvez-vous partager des informations à ce sujet ?

Wang Wenbin : Le 19 septembre heure locale, le conseiller d’État et ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a eu un échange avec des représentants du Comité national des relations entre les États-Unis et la Chine, du Comité national du commerce entre les États-Unis et la Chine et de la Chambre de commerce américaine à New York.

Wang Yi a déclaré que cette année marque le 50e anniversaire de la visite du président Richard Nixon en Chine et de la publication du communiqué de Shanghai entre la Chine et les États-Unis. C’est une année importante pour faire le bilan sur le passé et partir d’un nouveau point de départ. En réponse à l’incertitude croissante et à la diminution des certitudes dans les perspectives actuelles des relations entre les États-Unis et la Chine, Wang Yi a développé les cinq « certitudes » de la Chine.

Tout d’abord, les perspectives de développement de la Chine elle-même sont certaines. Le prochain XXe Congrès national du Parti communiste chinois (PCC) formulera le plan et les objectifs du développement futur de la Chine. Une Chine modernisée, comptant plus de 1,4 milliard d’habitants et s’approchant de la prospérité commune, créera de plus grands marchés et des opportunités de développement pour les États-Unis et d’autres pays.

Deuxièmement, la détermination de la Chine à faire progresser la réforme et l’ouverture est certaine. La Chine continuera à approfondir la réforme et à s’ouvrir encore plus largement, à favoriser un nouveau système d’ouverture aux normes plus élevées, à mettre en place un nouveau système d’économie marqué par une ouverture de plus haut niveau, et à continuer à faire progresser la mondialisation économique.

Troisièmement, la politique de la Chine vis-à-vis des États-Unis est certaine. Le président Xi Jinping a proposé les trois principes de respect mutuel, de coexistence pacifique et de coopération gagnant-gagnant entre la Chine et les États-Unis. Le président Joe Biden a réitéré à de nombreuses reprises l’engagement des « cinq non », c’est-à-dire que les États-Unis ne cherchent pas une nouvelle guerre froide avec la Chine, ils ne visent pas à changer le système chinois, la revitalisation de leurs alliances ne vise pas la Chine, ils ne soutiennent pas « l’indépendance de Taïwan » et ils n’ont pas l’intention de chercher un conflit avec la Chine. Le plus important maintenant est que les États-Unis adoptent une politique rationnelle et pratique à l’égard de la Chine le plus tôt possible. 

Quatrièmement, l’attitude de la Chine à continuer à renforcer la coopération économique et commerciale entre les deux pays est certaine. La Chine accueille favorablement les activités commerciales américaines en Chine et continuera à offrir un environnement commercial de niveau international, axé sur le marché et l’État de droit. Les échanges économiques et commerciaux entre la Chine et les États-Unis doivent être plus nombreux plutôt que d’être plus réduits. Il faut s’unir plutôt que de se désunir, supprimer les barrières plutôt que d’ériger des murs. Pour leurs préoccupations respectives, il faut privilégier le dialogue plutôt que la confrontation, la consultation plutôt que la coercition.

Cinquièmement, la volonté de la Chine de se coordonner multilatéralement avec les États-Unis est certaine. L’histoire a prouvé et continuera de prouver que la coopération entre la Chine et les États-Unis est favorable aux grandes réalisations dans l’intérêt des deux pays et du monde. À cette fin, il est essentiel de défendre le fondement politique des relations sino-américaines et, en particulier, de faire respecter le principe d’une seule Chine.

Wang Yi a souligné que les relations sino-américaines sont déterminantes pour l’avenir des deux pays ainsi que pour la paix et la stabilité du monde. Les deux parties devraient travailler ensemble pour trouver des moyens de faire coexister pacifiquement ces deux grands pays avec des systèmes sociaux, des histoires et des cultures différents.

Lors de sa rencontre avec l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger, Wang Yi a déclaré que cette année marque le 50e anniversaire de la visite du président Richard Nixon en Chine et de la publication du communiqué de Shanghai, et que la Chine et les États-Unis devraient sérieusement faire le bilan de l’expérience d’échange favorable pendant 50 ans. La politique de la Chine à l’égard des États-Unis est marquée par la continuité et la stabilité. Sur la base d’une mauvaise perception de la Chine, les États-Unis insistent à considérer la Chine comme leur plus grand rival et un défi à long terme ; certains individus ont même décrit le succès des échanges sino-américains comme un échec, sans aucun respect pour l’histoire ou pour eux-mêmes. La partie américaine devrait revenir à une politique rationnelle et pragmatique à l’égard de la Chine, reprendre la bonne voie des trois communiqués conjoints sino-américains et maintenir le fondement politique des relations sino-américaines.

Wang Yi a souligné que la priorité numéro un à l’heure actuelle était de gérer de manière adéquate la question de Taïwan, faute de quoi celle-ci aura un impact subversif sur les relations sino-américaines. Un vieux proverbe chinois dit qu’il est « préférable de perdre des milliers de soldats que de céder le moindre pouce de terrain », une formulation qui décrit parfaitement la détermination et la résolution du peuple chinois, en cas de violation de la Loi anti-sécession, la Chine prendra des mesures fermes en accord avec la loi afin de préserver la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, a-t-il averti. En vue de maintenir la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan, les États-Unis doivent revenir avec sérieux au sens originel d’une seule Chine et clairement s’opposer à « l’indépendance de Taïwan », a répété le chef de la diplomatie chinoise.

Les États-Unis ont déclaré que, en tant que deux premières économies interdépendantes du monde, les États-Unis et la Chine apporteront de plus grands avantages aux populations des deux pays et du monde en gérant bien leur relation bilatérale, en réduisant les obstacles et les facteurs négatifs et en travaillant ensemble pour relever les défis du changement climatique, de la santé publique et de la sécurité alimentaire et énergétique. Les deux parties devraient travailler dans la bonne direction avec un esprit de coopération et continuer à mener un dialogue constructif, à plusieurs niveaux et fructueux, en s’appuyant sur l’évolution de petites marches pour renforcer la confiance mutuelle et contribuer à la paix, à la stabilité et à la prospérité dans le monde.

Hubei Media Group : Selon les informations, le 21 septembre, l’Institut chinois d’études internationales organisera le deuxième Forum sur la sécurité au Moyen-Orient à Beijing en ligne et hors ligne, pouvez-vous présenter les informations concernées à ce sujet ?

Wang Wenbin : À l’heure actuelle, le monde entre dans un nouveau cycle de changements turbulents, et le Moyen-Orient est également confronté à de nouveaux défis en matière de sécurité. La Chine attache une grande importance à la paix et à la sécurité au Moyen-Orient, et en 2018, le président Xi Jinping a proposé de construire un système de sécurité commune, globale, coopérative et durable au Moyen-Orient dans son discours d’ouverture de la 8e Conférence ministérielle du Forum de coopération sino-arabe. Au cours de la dernière année, la Chine a proposé une initiative en cinq points sur la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient, une proposition en quatre points pour le règlement politique de la question syrienne et une vision en trois points pour la mise en œuvre de la solution à deux États de la question palestinienne, apportant ainsi la vision et la solution de la Chine pour résoudre ces problèmes. En avril 2022, le président Xi Jinping a proposé l’Initiative pour la Sécurité mondiale, indiquant la direction et la voie à suivre pour la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

En novembre 2019, l’Institut chinois d’études internationales (CIIS) a organisé avec succès le premier Forum sur la sécurité au Moyen-Orient à Beijing, où des responsables, des experts et des savants de Chine et des pays concernés ont mené des dialogues et des échanges fructueux. Ce deuxième Forum sur la sécurité au Moyen-Orient est organisé pour mettre en œuvre l’esprit important du discours du président Xi Jinping, travailler avec les pays de la région pour mettre en œuvre l’Initiative pour la Sécurité mondiale, promouvoir la construction d’un nouveau système de sécurité au Moyen-Orient et parvenir à une sécurité commune dans la région. La Conférence se tiendra dans un format hors ligne et en ligne, avec deux sous-Forums sur la question palestinienne et la situation sécuritaire dans le Golfe. Le conseiller d’État et ministre des affaires étrangères Wang Yi prononcera un discours par vidéo lors de la cérémonie d’ouverture, le vice-ministre des affaires étrangères Deng Li prononcera un discours liminaire et les invités importants prononceront également des allocutions. Plus de 70 participants, dont des responsables de la diplomatie et de la sécurité et des savants des pays du Moyen-Orient, des représentants du ministère chinois des Affaires étrangères et du ministère de la Défense, d’anciens envoyés diplomatiques chinois et des experts de laboratoires d’idées, échangeront leurs points de vue sur des sujets tels que la question palestinienne et la sécurité dans la région du Golfe.

Nous attendons de ce Forum une opportunité et une plateforme à toutes les parties pour découvrir de nouvelles idées et explorer de nouvelles voies dans le domaine de la gouvernance de la sécurité au Moyen-Orient.

Le Quotidien du Peuple : Nous avons noté que la Chine a organisé un Forum international sur la résilience et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement à Hangzhou, dans la province du Zhejiang. Pouvez-vous présenter en bref la situation concernée ?

Wang Wenbin : Pour mettre en œuvre les initiatives importantes proposées par le président Xi Jinping lors du Sommet des dirigeants du G20 en 2021, la Chine a organisé le Forum international sur la résilience et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement du 19 au 20 septembre 2022 en ligne et hors ligne.

Le président Xi Jinping a envoyé une lettre de félicitations au Forum, soulignant que le maintien de la résilience et de la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales est une garantie importante pour promouvoir le développement de l’économie mondiale et que cela est dans l’intérêt commun de tous les peuples du monde. La Chine s’engage fermement à préserver l’attribut de biens publics des chaînes industrielles et d’approvisionnement et est disposée à travailler avec tous les pays du monde pour construire conjointement un système mondial de chaînes industrielles et d’approvisionnement marqué par la sécurité, la stabilité, la fluidité et l’efficacité, l’ouverture, l’inclusion, le bénéfice mutuel et la coopération gagnant-gagnant, ce qui contribuera à promouvoir la circulation économique mondiale, à stimuler la croissance économique mondiale et à améliorer le bien-être humain. Le vice-premier ministre Liu He a assisté à la Conférence et a lu cette lettre de félicitations.

Des chefs d’État et des responsables ministériels de 15 pays, dont le président argentin Alberto Fernández et le président serbe Aleksandar Vučić ont participé au Forum par vidéo. Les envoyés diplomatiques en Chine de 29 pays et les représentants de quatre organisations internationales et de nombreuses sociétés transnationales ont assisté en personne au Forum. Ils ont eu des dialogues et des échanges sur des questions telles que le renforcement de la collaboration industrielle mondiale, la facilitation d’une logistique internationale sans entrave et la stimulation de la reprise économique mondiale. 

Lors du Forum, la Chine, avec l’Indonésie, la présidence du G20, et le Chili, Cuba, le Pakistan et la Serbie ont lancé conjointement l’Initiative de coopération internationale sur la résilience et la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement, appelant les pays du monde entier à travailler ensemble pour établir un partenariat plus équitable, inclusif et constructif dans les chaînes industrielles et d’approvisionnement et pour construire un monde meilleur et prospère.

China Daily : Récemment, le Bureau national des statistiques a publié une série de rapports sur les progrès du développement socio-économique de la Chine depuis le 18e Congrès national du PCC. Selon les statistiques, le produit intérieur brut (PIB) de la Chine a augmenté à un taux de croissance annuel moyen de 6,6 % de 2013 à 2021, soit plus que le taux de croissance moyen de 2,6 % pour l’économie mondiale et de 3,7 % pour les économies en développement au cours de la même période. Quel est votre commentaire à ce sujet ?

Wang Wenbin : J’ai pris note du rapport concerné. Le rapport montre qu’en 2021, l’économie chinoise représentera 18,5 % de l’économie mondiale, soit 7,2 % de plus qu’en 2012. Au cours de la dernière décennie, la contribution moyenne de la Chine à la croissance économique mondiale a dépassé 30 %, ce qui la place au premier rang mondial. Cela démontre pleinement que la Chine est un stabilisateur et un moteur de la croissance économique mondiale.

Ces dernières années, la mondialisation économique a rencontré des contre-courants, l’unilatéralisme et le protectionnisme ont augmenté, et la situation économique mondiale a été morose. Face aux difficultés et aux défis, la Chine est fermement convaincue que l’ouverture et la coopération sont une tendance historique, et que les bénéfices mutuels et la situation gagnant-gagnant sont le choix du peuple. Nous insistons pour nous ouvrir davantage au monde extérieur, dans un plus grand nombre de domaines et à un niveau plus profond, en nous efforçant de promouvoir la libéralisation et la facilitation du commerce et des investissements, en continuant à construire un environnement commercial international, respectueux du marché et de l’État de droit, en faisant du marché chinois un marché mondial, partagé et celui pour tous, et en insufflant davantage d’élan et de stabilité à la reprise économique mondiale.

À l’avenir, la porte de la Chine ne fera que s’ouvrir davantage et ne sera jamais fermée. La Chine est prête à travailler avec les pays du monde entier dans un esprit d’ouverture, d’inclusion et de situation gagnant-gagnant, à étendre la coopération pratique dans tous les domaines et à permettre aux pays du monde de mieux partager les opportunités de développement de la Chine.

CCTV : Récemment, le journaliste indépendant américain Ben Norton a indiqué que les États-Unis ont lancé 469 interventions militaires à l’étranger entre 1798 et 2022 en citant des données du service de recherche du Congrès américain. Pendant plus de 30 ans, depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis ont mené 251 interventions militaires, ce qui dépasse de loin le nombre d’interventions menées pendant plus de 190 ans avant la fin de la guerre froide, a-t-il ajouté. Quel est le commentaire de la Chine à ce sujet ?

Wang Wenbin : Nous avons pris note des rapports concernés. Les États-Unis ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils respectaient et défendaient « l’ordre international fondé sur des règles », alors que les données publiées par le Congrès américain reflètent pleinement la nature belliqueuse et le caractère hégémonique des « règles américaines ».

En 240 ans d’histoire, les États-Unis n’ont passé que 16 ans sans faire la guerre. Avec la fin de la guerre froide, on s’attendait à ce que les États-Unis réduisent leurs opérations militaires à l’étranger, mais c’est le contraire qui s’est produit. Après la guerre froide, les États-Unis ont lancé des interventions militaires plus de sept fois plus fréquemment qu’auparavant. Tous ces chiffres restent des estimations prudentes et n’incluent pas, par exemple, les opérations spéciales et les opérations secrètes des États-Unis. Le rapport de Norton a indiqué également que les interventions militaires américaines ont visé la grande majorité des pays du monde, y compris la quasi-totalité de l’Amérique latine et la majeure partie du continent africain.

Au lieu de se présenter comme un défenseur des soi-disant règles et de l’ordre et d’attaquer, d’accuser et de dénigrer les autres pays, les États-Unis doivent réfléchir sérieusement à leur comportement belliqueux et à leur ingérence constante dans les affaires intérieures des autres, se débarrasser de ces mauvais actes et cesser d’être le premier producteur de guerre au monde.