La coopération scientifique et technologique sino-africaine ouvre de nouvelles perspectives de développement
2026-05-08 17:00

Le 7 et 8 mai 2026, une tribune intitulée « la coopération scientifique et technologique sino-africaine ouvre de nouvelles perspectives de développement », écrite par S.E.M. WAN Li, Ambassadeur de Chine en Tunisie, ainsi que S.E.M. JIANG Feng, Chef de la Mission de Chine auprès de l’Union africaine, a été publiée par le Temps. Voici le texte :

Dans un contexte mondial en profonde recomposition, marqué par des transformations inédites depuis un siècle qui s’accélèrent, l’échiquier de la coopération et de la concurrence internationales connaît des mutations majeures. Face aux tendances de démondialisation accompagnées d’un processus de découplage technologique prônées par certains pays, la coopération sino-africaine se renforce en vue de promouvoir le développement autonome en matière de science et de technologie pour les pays du Sud global. 

Du lancement des dix programmes de coopération lors du Sommet de Johannesburg du Forum sur la Coopération sino-africaine (FOCAC) en 2015, jusqu’aux dix Actions de partenariat avancées au Sommet de Beijing en 2024, en passant par les huit initiatives majeures annoncées au Sommet de Beijing en 2018, et les neuf programmes proposés lors de la huitième Conférence ministérielle en 2021, un ensemble de plans concrets ont été successivement déployés dans des domaines variés tels que la santé, la réduction de la pauvreté, le développement agricole, l’industrialisation et la modernisation agricole de l’Afrique. Plusieurs projets phares ont été successivement mis en œuvre. Sur cette large voie de coopération gagnant-gagnant, la connectivité des infrastructures consolide les bases, la connectivité des technologies libère le potentiel, et la connectivité entre les peuples forge les consensus. En élargissant continuellement son ouverture de haut niveau, la Chine œuvre avec l’Afrique à tracer de nouvelles perspectives de développement gagnant-gagnant et a entamé une nouvelle étape dans la construction d’une communauté de destin Chine-Afrique tous azimuts dans la nouvelle ère.

Premièrement, la Chine accélère la construction d’un pays innovant. La période du XIVe Plan quinquennal (2021-2025) constitue une étape marquante dans le développement scientifique et technologique de la Chine, marquée par l’émergence rapide de réalisations majeures. La Chine s’impose, aujourd’hui, comme l’une des économies dont la dynamique d’innovation est la plus rapide au monde, figurant parmi les dix premières à l’échelle internationale, selon l’indice mondial de l’innovation. Dans le domaine de l’intelligence artificielle, la contribution chinoise redessine l’écosystème mondial de l’open source. Au cours de l’année écoulée, la Chine s’est hissée, pour la première fois, au premier rang mondial en termes de volume de téléchargements de modèles open source développés sur son territoire. Sur la plateforme internationale Hugging Face, huit des modèles proviennent d’institutions chinoises telles qu’Alibaba, attestant, par là même, d’une position de leadership affirmée.

Deuxièmement, la Chine reste fidèle à son engagement initial en faveur de l’ouverture et de la coopération. La Chine a proposé l’Initiative de coopération internationale en science et technologie ainsi que l’Initiative pour la coopération internationale en science ouverte, dans le but de partager son expérience avec les pays africains permettant de faire face, ensemble, aux défis qui se posent à l’échelle mondiale. La Chine a signé des accords intergouvernementaux de coopération scientifique et technologique avec l’Union africaine et 14 pays africains. Elle a aussi établi 12 laboratoires conjoints dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route » avec 12 pays africains. Près de 400 participants de 11 pays africains, dont la Tunisie, l’Égypte et l’Éthiopie ont été accueillis en Chine dans le cadre de programmes d’échanges de courte durée. Grâce à des programmes de formation destinés aux pays en développement, plus de 4 000 personnels scientifiques et administratifs, issus de 48 pays africains, ont été formés dans des domaines tels que l’agriculture moderne, les sciences de la vie, l’ingénierie mécanique et chimique et la protection de l’environnement.

Troisièmement, les résultats de l’innovation scientifique et technologique chinoise bénéficient aux pays africains. Les plateformes chinoises de paiement mobile favorisent l’inclusion financière sur le continent africain, tandis que les systèmes solaires domestiques contribuent à l’électrification progressive des zones rurales. La Chine a mis en place plus de 20 centres de démonstration de technologies agricoles en Afrique, et diffusé plus de 300 technologies tant avancées que adaptées, bénéficiant à plus d’un million de petits exploitants agricoles. Des modèles d’IA chinois comme DeepSeek suscitent un intérêt croissant en Afrique en raison de leur accessibilité et de leurs coûts compétitifs. Un vieux proverbe chinois dit : « Mieux vaut apprendre à quelqu’un à pêcher plutôt que de lui donner du poisson ». La Chine ne se contente pas d’offrir du poisson, elle veille aussi à transmettre l’art de pêcher: elle s’emploie à approfondir activement la coopération scientifique et technologique avec l’Afrique afin de stimuler la dynamique endogène du développement autonome des pays africains. Sous l’impulsion stratégique constante visant la construction d’une communauté de destin Chine-Afrique tous azimuts dans la nouvelle ère, mais aussi dans le cadre de l’Initiative «la Ceinture et la Route» et d’autres mécanismes et plateformes, la coopération scientifique et technologique sino-africaine ne cesse de s’élargir et d’innover dans ses modalités, devenant un exemple emblématique de coopération entre les pays du Sud global.

Quatrièmement, la coopération dans le domaine de l’innovation entre la Chine et l’Afrique recèle un potentiel immense. L’Agenda 2063 de l’Union africaine érige l’innovation scientifique et technologique en pilier central de la transformation et de la modernisation du continent, tout en appelant au renforcement de la coopération avec des partenaires tels que la Chine. Le Commissaire à l’Éducation, Sciences, Technologies et Innovation (ESTI) à la Commission de l’Union africaine, SEM. Gaspard Banyankimbona, a déclaré que la partie africaine attache une grande importance à la coopération avec la Chine dans ce domaine. Il a exprimé le souhait de renforcer l’alignement des stratégies de développement scientifique, élargir les échanges humains et approfondir la coopération pragmatique entre les deux parties, afin de consolider le partenariat sino-africain en matière d’innovation et de contribuer à un développement de haute qualité de la coopération sino-africaine.

Cette année marque le début du XVe Plan quinquennal (2026-2030) de la Chine, le 70e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques sino-africaines ainsi que l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique. Le Président Xi Jinping a adressé un message de félicitations à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de l’Année des échanges humains et culturels Chine-Afrique en 2026, soulignant que les échanges et l’inspiration mutuelle entre civilisations constituent une force motrice inépuisable pour le progrès de la civilisation humaine ainsi que pour la paix et le développement dans le monde. Les civilisations chinoise et africaine brillent de concert, nourrissant les sources historiques et intellectuelles de l’amitié sino-africaine. La récente visite du Vice-Président Han Zheng dans trois pays africains a contribué à renforcer davantage la confiance politique mutuelle de haut niveau et à promouvoir la coordination multilatérale.

La Tunisie est un pays ami de longue date de la Chine. L’accord de coopération scientifique et technologique sino-tunisien constitue le quatrième accord intergouvernemental de ce type conclu par la Chine avec un pays africain. Actuellement, le partenariat stratégique entre la Chine et la Tunisie connaît une dynamique positive, avec une coopération qui ne cesse de s’approfondir dans divers domaines, parmi lesquels la coopération scientifique et technologique constitue l’une des priorités.

La coopération scientifique et technologique entre la Chine et la Tunisie s’est pleinement approfondie sous la conduite stratégique des deux chefs d’État. Lors de sa visite en Chine, le Président Kais Saïed s’est rendu spécialement à Shenzhen où il a visité plusieurs entreprises de haute technologie. Par ailleurs, les ministres des Transports, de la Santé, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, du Commerce et de la Promotion des exportations, ainsi que de l’Économie et de la Planification ont successivement effectué des visites en Chine et ont également visité des entreprises spécialisées dans les technologies de pointe, ce qui a fortement favorisé la mise en relation pragmatique entre les deux parties dans le domaine des industries de haute technologie.

La coopération entre la Chine et la Tunisie dans le domaine des hautes technologies porte pleinement ses fruits. Le Centre sino-arabe du système de navigation par satellite Beidou (le Centre sino-arabe BDS/GNSS), premier centre de ce type à l’étranger, a été inauguré en Tunisie, contribuant à la formation de talents dans les pays arabes. Le projet du Centre de Super calcul du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, bénéficiant de l’appui de la Chine, favorise le développement de l’économie numérique tunisienne et stimule l’innovation. Des entreprises chinoises participent au déploiement de la 5G en Tunisie et ont contribué à la mise en place du premier système de cloud computing dédié à l’enseignement supérieur et à la recherche en Afrique du Nord. Ces entreprises ont également établi des partenariats stratégiques avec plusieurs universités tunisiennes, en fournissant des capacités en IA et en calcul de mégadonnées. Elles ont aussi assuré la formation de plus de 12 000 ingénieurs dans le domaine des TIC. 

Par ailleurs, le plus grand projet de centrale photovoltaïque de Tunisie, construit par une entreprise chinoise, est entré en exploitation commerciale. Ce projet intègre de nombreuses technologies chinoises et offre à la Tunisie une expérience utile pour l’intégration d’une forte proportion d’énergies renouvelables dans son réseau électrique. Il permettra de réduire les émissions de CO2 de 5 millions de tonnes, soit l’équivalent de la plantation de 12 millions d’arbres dans le Sahara et contribuera, par conséquent, à atténuer la pénurie locale d’électricité, à soutenir l’ajustement de la structure énergétique et la transformation industrielle de la Tunisie, et à jouer un rôle positif dans le développement économique et social ainsi que dans la protection de l’environnement.

À l’horizon du XVe Plan quinquennal, la Chine s’alignera fermement sur l’objectif de bâtir une puissance scientifique et technologique. Il s’agit de promouvoir l’autonomie et l’auto-renforcement des sciences et des technologies de haut niveau, de créer un écosystème d’innovation ouvert et compétitif à l’échelle mondiale, de valoriser le rôle des fonds de recherche scientifique ouverts au monde, d’élargir l’ouverture des programmes scientifiques, de permettre l’accès des scientifiques du monde entier aux grandes infrastructures de recherche, et d’optimiser les mécanismes de coopération internationale des universités, instituts de recherche et organisations scientifiques. L’objectif étant de construire un nouveau cadre de coopération scientifique et technologique de haut niveau.

La Chine est prête à partager les opportunités de développement de qualité avec les pays africains, dont la Tunisie, en vue d’accélérer conjointement la construction d’une communauté de destin Chine-Afrique tous azimuts dans la nouvelle ère. La Chine est disposée à mettre en œuvre les initiatives majeures, notamment l’Initiative pour le développement mondial, l’Initiative pour la sécurité mondiale, l’Initiative pour la civilisation mondiale, l’Initiative pour la gouvernance mondiale, ainsi que l’Initiative «la Ceinture et la Route» et l’Initiative de coopération internationale en science et technologie. La Chine souhaite, aussi, approfondir la coopération dans des domaines stratégiques tels que l’IA, les ressources énergétiques et minières, les normes technologiques et les échanges humains, dans le but de promouvoir un développement durable et de soutenir la dynamique de modernisation de l’Afrique.